mardi 23 septembre 2008

La Théorie de l'antre

Ils sont là, autour de vous. Vous les connaissez. Vous couchez avec parfois. Peut-être même êtes-vous l’un d’entre eux. Réfléchissez : n’avez-vous jamais entendu, alors que vous veniez d’étaler une connerie de papillon de nuit sur la tapisserie grâce à votre pantoufle de combat, une phrase définitive du style « Mais t’es vraiment qu’un salaud, tu pouvais juste le faire sortir dehors, pourquoi l’avoir tué ? Il ne t’avait rien fait ! »

Ces gens ont le trouillomètre à zéro dès qu’ils ont posé le pied sur une araignée, de la peur diffuse d’avoir perdu connement du karma. Mais moi je dis halte-là fiston. Ces gens là ont tout faux, et je peux le prouver. Je peux le prouver grâce à l’ours des cavernes.

Prenons un ours des cavernes que nous appellerons Georges. Georges dort peinard dans son antre, où le mélange de chaleur et d’odeurs corporelles favorise la somnolence. Puis voici venir un humain, que nous appellerons Benoît XVI, qui pour diverses raisons juge opportun de s’abriter dans cette caverne, voire d’y dormir, le saligaud. Survivant de crash, ermite, que sais-je. Toujours est-il que le type s’installe, il fait un feu, il pète, il fait comme chez lui. Quelle va être d’après vous la réaction de Georges ? Il va repousser gentiment Benoît avec une feuille de papier ? Il va faire des petits mouvements de patte pour faire comprendre au cuistre qu’il n’est pas chez lui ? Non. Georges va laisser parler son instinct animal face à une bestiole plus faible que lui, et il va allègrement déchiqueter la gueule de Benoît, parce que bon à un moment ça va aller.

C’est une vérité établie dans la nature : on ne va pas faire chier plus gros que soi dans son antre. Tout le monde le sait, de la plus petite souris au plus teigneux crocodile. Les insectes le savent aussi. Seuls certains humains, dont l’éveil de la conscience est allé de pair avec une sorte de délire utopiste selon lequel tous les animaux sont faits pour vivre en harmonie en se tenant la main pour chanter « Heal the World », tentent de préserver chacune des saloperies grouillantes qui viendraient envahir leur chambre, modèle pour humain de la caverne de Georges. C’est une belle erreur, une gifle lancée à la gueule de millions d’années d’évolution.

Par conséquent, la prochaine araignée que je croise à l’angle de mes murs, je lui vaporise la gueule. Et sans flipper pour mon karma. Au contraire, je pense que ça doit me faire gagner des points, ce qui m’évitera de me réincarner en moucheron, et de me retrouver décalqué sur le mur de la chambre d’un type moins con qui aura compris que faire survivre son instinct animal est tout à fait naturel. Parce que c’est une autre justification à ne pas oublier : derrière chaque insecte se cache l’âme d’un type qui a complètement déconné niveau karma : Un violeur d’enfants, un tueur en série, un comptable, et toute la lie passée de l’humanité. Autant les faire payer.
La prochaine mouche qui va vous tourner autour pendant quinze minutes, ça sera peut-être Hitler. Laissez parler votre instinct animal, et faites le geste qu’il faut.
.
.
.
A Venir:
La théorie des probabilités contrôlées
La théorie des couilles qui tombent